Pâle ire

Croire en la crue, crûment parler.

Les cris résonnent aux oreilles des passeurs
Les pleurs des enfants dont les mères se meurent,

Dans une mer assassine où les hommes se mirent,
Sur des flots meurtriers dont il n’est rien à dire.

Le sang coule sur le sable, se répand dans l’eau.
Pâlir de peur, espérer traverser,

Trembler, aussi

 

Succession d’évènements, Acte I

Agitation Rébellion Répression

La fièvre

Le repos repu
(Ou l’était-il vraiment ?),
La rengaine du dos rond
(Le voulait-il seulement ?).
Il regarde l’ennui
Et lui dit tu.
L’ennui sacrifie
Ceux qui s’attachent à lui.
Ennemi inique des quiètes nuits,
Ses cheveux sont faits de gris.

L’horaire choisi
Et l’absence ravie,
Sans réserve.
La serpe siffle et ravit
Le songe.
Les yeux s’ouvrent et sourient.

Le sourire satisfait
Du farceur incertain
Du succès de ses sorts,
Ce spectacle-ci
Se passe de prix.

L’ascension sans scrupule
Du joueur qui jubile
Et tombe dans l’excès
Est une joie infantile.
Le regard caché d’une charmante chipie
Qui chipe sans choisir
La chaleur du silence,
Est une danse sur un si,
La folie floue de l’indécis.

La fièvre marron suit les égarements,
Se propage en l’étang.
Le cœur, lui, palpite
À pleine allure.
Se délure.

Point, à l’orée du versant,
Un rayon, lumineux filament.
Ravage l’absent.
Boucle. Capharnaüm.
Les lames, hélas,
Font saigner l’âme lasse
Et la fièvre marron  l’homme.

L’heure erre,
Leurre la lie
Et languit
Le long du canal.

Banalité Pâtissière

J’ai toujours eu d’immenses difficultés à me faire comprendre du reste de l’humanité, et il me faut admettre que c’est là une de mes plus grandes frustrations. Pour chaque phrase que je prononce, la réaction de l’être humain avec lequel je tente d’établir une communication constructive n’est que très rarement celle que j’attends.

Tout petit, déjà, lorsque je traversais la rue qui séparait la maison de mes parents et cette boulangerie dont le nom m’échappe à présent, j’essayais de me conformer à la norme sociale, et demandais, avec la politesse la plus exagérée, une viennoiserie quelconque. Et à ma grande surprise, la tenancière de cet établissement, tout aussi avenante fut-elle, me pressait, à chaque fois, de préciser à quelle pâtisserie je faisais allusion, ne comprenant pas que si je demandais une viennoiserie, il était plus qu’évident que je ne savais pas laquelle prendre, et que je me fiais à son jugement, sans doute plus aiguisé Lire la suite « Banalité Pâtissière »

Farce

Le sourire satisfait
Du farceur incertain
Se passe de prix.

L’ascencion sans scrupule
Du joueur qui jubile
Et tombe dans l’excès
Est une joie infantile.

Le regard caché d’une charmante chipie
Qui chipe sans choisir
La chaleur du silence,

Est une danse sur un si,
La folie floue de l’indécis.

Tempête dans un cœur d’eau

Une jeune fille s’avance. La première chose que je remarque et qui fait naître en moi comme un frisson, frais sans être froid : ses cheveux de feu, qui contrastent sensiblement avec ses yeux océan. Cette jeune fille (cette jeune femme, en réalité), mérite sans doute que nous nous attardions un peu sur ce qui, dans son apparence, fait d’elle la personne que tout un chacun s’accorde à qualifier de charmante (certains vont jusqu’à jolie). On dirait presque une lutine mutine avec son sourire espiègle s’étirant d’un côté à l’autre de son visage un peu rond, qui, s’il n’est plus poupon, dégage encore comme une sorte de candeur, celle de l’enfance qui refuse de mourir, et qui se cache dans chaque détail de son être. Dans la petite taille de celle qui n’a jamais voulu grandir comme dans cette excentricité contenue de l’enfant redessinant intérieurement le monde, qu’on lit dans sa manière de faire se balader au hasard ses yeux un peu hagards sur les gens qui l’entourent comme s’ils étaient des marionnettes se mouvant pour on ne sait quelle raison absurde.

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Erreur

Zigzaguant résolument de Charybde à Scylla,
Zozotant les mêmes prêches imbus (en vérité) de visibles faiblesses
Il arrive que tantôt on se prenne un retour de bâton

Et invoquant vainement les dieux,
Semant la zizanie,
En cherchant à châtier les hyènes de fausses infamies,
Sans souci s’évertue le sage à tuer son ennui.

Mais mûrir n’est-il que mimer l’aménité,
Terrasser de tangibles instincts qui rendent timorés ?
Au moins, pour leur part, et rendons-leur ceci,

Les hyènes savent se tenir.

Croissance

FrereCrier, trembler,
Sourire.

Sévices du sablier,
Ouvrir.

Le maître-mot, déjà, jamais ?
Rugir.

Et dans les sombres allées,
Inspire.

Respire à nouveau les senteurs qui s’offraient
A nos jeunes années, stupides, déguenillées,

Grandir.

Contact

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Horizons et pierres précieuses
Emplis de promesses creuses
Ignorance lésée, blasée, laissée pour morte
Enlacée, drainée, porte jusqu’aux paroles
Tremblements stridents, épaules qui frissonnent
Pour plaire au papier, on parfait l’encrier

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