Créature

Crois-tu, créature,
Qu’il nous faille crier ?
Criais-tu, créature
Quand son cœur a craqué ?

Écrasé par la crainte,
Son cran s’est érodé,
Comme le fait la marée
Au roc sous son étreinte.

Crains-tu, créature
Que nos cris se répondent ?
Réponds-tu, créature
À l’orage qui gronde ?

Si Jupiter paraît
Sous un croissant de lune
Nous ferons sans tarder
Des crises d’amertume

Couleur citron

Que fallait-il tenter
Sinon le diable, sinon l’attente ?
Que faut-il espérer
De ceux qui mentent, sinon des fables ?

Les fantômes se paument
Sur les langues aphones.
Foin des folies, des jolies flèches
Qui fichent des cœurs
Qui sentent l’ailleurs

Frayeur frivole.

Cher payé, chien méchant,
À toi de crever maintenant !
Toi qui changes, toi qui mens,
Toi qui chantes, qui n’entends
Pas la voix qui susurre.
Sûr de toi, « ni pliure ni parjure car promesse n’est que vent »
Résiste tant que possible à l’usure du temps,
Ne dévoile jamais l’imposture des serments.

Régal ricané dos courbé rendent le rire couleur citron.

Décadence

Silence. Cadence.
Son souffle s’accélère, précède la tempête.
Tantôt trouver tantôt tâter,
Siffler des scènes
Courues d’avances.
Scène obscène,
Scène de danse.

Enfance, décadence
Danse de paille, excès de transes,
Rance remontrances en avalanches.
Novembre nous vent
Le vide des chambres,
Le vent des ombres
Glace les sen-
-timents mourants.

Carence. Tempérance.
Vacance de l’innocence, errance,
Ignorance bête des conséquences.
Sitôt sanglot, sitôt salaud,
L’ascète étanche dur à la tâche,
Sans panache,
Cache ses attaches.

Patience. Exigence.
Passée la longue déchéance,
Sans cesse se saoule à la souvenance.
Le ciel maudisse l’ange privé d’ailes,
Battent les cœurs à temps partiel;
Longue absence,
Saine distance.

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