La fièvre

Le repos repu
(Ou l’était-il vraiment ?),
La rengaine du dos rond
(Le voulait-il seulement ?).
Il regarde l’ennui
Et lui dit tu.
L’ennui sacrifie
Ceux qui s’attachent à lui.
Ennemi inique des quiètes nuits,
Ses cheveux sont faits de gris.

L’horaire choisi
Et l’absence ravie,
Sans réserve.
La serpe siffle et ravit
Le songe.
Les yeux s’ouvrent et sourient.

Le sourire satisfait
Du farceur incertain
Du succès de ses sorts,
Ce spectacle-ci
Se passe de prix.

L’ascension sans scrupule
Du joueur qui jubile
Et tombe dans l’excès
Est une joie infantile.
Le regard caché d’une charmante chipie
Qui chipe sans choisir
La chaleur du silence,
Est une danse sur un si,
La folie floue de l’indécis.

La fièvre marron suit les égarements,
Se propage en l’étang.
Le cœur, lui, palpite
À pleine allure.
Se délure.

Point, à l’orée du versant,
Un rayon, lumineux filament.
Ravage l’absent.
Boucle. Capharnaüm.
Les lames, hélas,
Font saigner l’âme lasse
Et la fièvre marron  l’homme.

L’heure erre,
Leurre la lie
Et languit
Le long du canal.

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